IFU ou régime réel : quel régime fiscal choisir en 2026 ?
Seuils, taux, minimums, activités exclues : ce qu'il faut savoir pour choisir entre l'impôt forfaitaire unique, le statut d'auto-entrepreneur et le régime réel, avec les règles en vigueur en 2026.
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Trois régimes, selon le chiffre d'affaires et l'activité
En Algérie, un entrepreneur individuel relève de l'impôt forfaitaire unique (IFU) tant que son chiffre d'affaires annuel ne dépasse pas 8 000 000 DA et que son activité n'en est pas exclue. Au-delà, ou pour certaines activités, c'est le régime réel. Les sociétés (SARL, EURL, SPA…) relèvent toujours du régime réel, quel que soit leur chiffre d'affaires. Le statut d'auto-entrepreneur, enfin, est une forme d'IFU allégée réservée aux petites activités.
L'IFU : un impôt simple, calculé sur le chiffre d'affaires
L'IFU remplace en un seul impôt l'IRG, la TVA et la taxe locale de solidarité. Il se calcule sur le chiffre d'affaires, pas sur le bénéfice :
- 5 % pour la production et la vente de biens
- 12 % pour les autres activités, dont les services et les professions libérales
- Un minimum de 30 000 DA par an, même si l'activité rapporte peu
- Une déclaration prévisionnelle avant le 30 juin, puis une déclaration définitive avant le 20 janvier de l'année suivante
- Pas de TVA à facturer, mais aucune charge n'est déduite
Les activités exclues de l'IFU
Certaines activités relèvent obligatoirement du régime réel, quel que soit leur chiffre d'affaires, notamment :
- L'importation de biens destinés à la revente en l'état et le commerce de gros
- La promotion immobilière et le lotissement de terrains
- Les travaux publics, hydrauliques et de bâtiment
- La restauration et l'hôtellerie classées, les traiteurs
- La location de véhicules et d'engins, les agences de voyages, de publicité et de communication
- La formation et l'enseignement, les cliniques et laboratoires privés
L'auto-entrepreneur : 0,5 % du chiffre d'affaires
Créé par la loi 22-23 du 18 décembre 2022, le statut d'auto-entrepreneur concerne les activités figurant sur la liste de l'ANAE, avec un chiffre d'affaires annuel de 5 000 000 DA au plus. L'IFU y est de 0,5 % du chiffre d'affaires, avec un minimum de 10 000 DA par an. Côté protection sociale, l'auto-entrepreneur peut choisir de verser un forfait de 24 000 DA par an à la CASNOS. C'est de loin le régime le plus léger pour démarrer seul.
Le régime réel : un impôt sur le bénéfice
Au réel, l'impôt porte sur le bénéfice, c'est-à-dire le chiffre d'affaires moins les charges. Une comptabilité complète est obligatoire et la TVA (19 %, ou 9 % pour certaines opérations) est facturée aux clients.
- Entrepreneur individuel : IRG selon le barème, de 0 % jusqu'à 240 000 DA de revenu à 35 % au-delà de 3 840 000 DA
- Société : IBS de 19 % (production de biens), 23 % (BTP, hydraulique, tourisme hors agences de voyages) ou 26 % (autres activités)
- Minimum d'imposition : 10 000 DA par an
- Dividendes versés aux associés résidents : retenue de 10 % depuis la loi de finances 2026 (15 % auparavant)
Comment choisir ?
L'IFU est avantageux quand vos charges sont faibles : vous payez un pourcentage fixe du chiffre d'affaires sans tenir de comptabilité complète. Le réel devient intéressant quand vos charges sont élevées (achats, loyer, salaires), car seul le bénéfice est imposé. Attention : sous le seuil de l'IFU, opter pour le réel est un choix irrévocable, à demander avant le 1er février ou à l'ouverture de l'activité. Le plus sûr est de comparer avec vos propres chiffres.
Et les cotisations sociales ?
Les non-salariés cotisent à la CASNOS : 15 % du revenu, avec une cotisation annuelle comprise entre 43 200 DA et 864 000 DA depuis le décret exécutif 26-257 de juillet 2026. Ce coût s'ajoute à l'impôt, quel que soit le régime fiscal.
Questions fréquentes
Une SARL peut-elle être à l'IFU ?▼
Que se passe-t-il si je dépasse 8 000 000 DA de chiffre d'affaires ?▼
Les projets financés par l'ANADE ou l'ANGEM paient-ils l'IFU ?▼
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Sources
- DGI : le régime de l'impôt forfaitaire unique (mis à jour le 20 septembre 2026)
- DGI : le régime du réel
- DGI : l'impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS)
- DGI : bénéfices industriels et commerciaux (barème de l'IRG)
- Décret exécutif 26-257 du 15 juillet 2026 (cotisations CASNOS)
- Loi de finances 2026 : retenue de 10 % sur les dividendes
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